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Effets biologiques et épidémiologie

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[ 20 juillet 2011 ]

Etudier les effets sanitaires des radiofréquences ou plus généralement des champs électromagnétiques demande de recourir à un large éventail d’études relevant soit d’une approche expérimentale (on distingue les études in vitro portant sur des cellules et les études in vivo utilisant des animaux de laboratoire) soit d’une approche épidémiologique. Les études épidémiologiques visent à évaluer la fréquence d’apparition d’une pathologie au sein d’un groupe de personnes exposé à un agent particulier.

Pour aboutir à des conclusions solides, il est nécessaire d’examiner les apports et conclusions de l’ensemble des études. Il faut aussi s’assurer, d’une part que ces études ont été réalisées avec une méthodologie rigoureuse, et d’autre part qu’elles ont été reproduites plusieurs fois avec des équipes de recherches différentes, afin d’éliminer les biais expérimentaux toujours possibles. Les expertises collectives, qui répondent à des exigences de qualité strictes, permettent de les évaluer et d’en tirer des conclusions de portée plus générale. La plus récente expertise collective française sur les risques sanitaires liés aux radiofréquences a été publiée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES). Elle peut être consultée via la rubrique ressources documentaires.

Effets biologiques

Etudier des effets biologiques, c’est par exemple étudier des effets sur le système nerveux, sur le développement et la reproduction, sur le système cardiovasculaire, sur le système oculaire ou étudier le développement de cancers, etc. Observer un effet biologique sur la cellule et l’ADN, n’a pas obligatoirement comme conséquence un effet néfaste sur la santé. En effet, le corps humain, qui est soumis en permanence à de multiples stimuli, dispose de mécanismes biologiques d’adaptation. C’est le cas, par exemple, lorsque l’on pratique une activité sportive qui fait monter la température de l’organisme. Celle-ci n’entraîne un risque pour la santé que si les limites d’adaptation de notre organisme sont dépassées, par exemple en cas de "coup de chaleur".

Dans le cas des radiofréquences, les effets biologiques observés sont des effets thermiques, c’est à dire une augmentation de la température des tissus. C’est pour prévenir ces effets que des valeurs limites d’exposition ont été élaborées.

Lorsque l’on se situe à des niveaux d’exposition aux radiofréquences inférieurs aux valeurs limites d’exposition, les expertises scientifiques les plus récentes concluent que l’analyse des données scientifiques disponibles ne montrent pas d’effets sanitaires à court terme ni à long terme (comme le risque de cancer, par exemple).

Epidémiologie

S’agissant des études épidémiologiques menées en population générale, les données actuellement disponibles ne montrent pas d’effets à court terme. Toutefois, quelques interrogations subsistent sur la possibilité d’effets à long terme, liés à l’utilisation de téléphones mobiles, pour des utilisateurs intensifs. Ces effets sanitaires concernent le risque de cancer, même si aucun mécanisme biologique explicatif n’a été identifié à ce jour. C’est la raison pour laquelle le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé les champs électromagnétiques de radiofréquences « cancérogènes possibles » en juin 2011. Il est donc important de maintenir l’effort de recherche et d’expertise dans ce domaine au plan national et international.

Ainsi, à titre de précaution, les autorités sanitaires recommandent une utilisation modérée des téléphones mobiles et proposent à cet effet quelques actions de comportement faciles à adopter afin de limiter son exposition.

Pour en savoir plus sur les connaissances des effets sanitaires des radiofréquences : rapports, avis et synthèses