FAQ
 

Expertises sanitaires

publié le 7 août 2017 (modifié le 14 décembre 2017)

Pourquoi continue-t-on la recherche sur les radiofréquences?
Si aujourd’hui, les effets sanitaires à court terme des radiofréquences sont bien connus, ce qui a permis d’établir des valeurs limites d’exposition afin de s’en protéger, des recherches continuent d’être menées sur les effets à long terme des radiofréquences. En effet, si d’éventuels effets à long terme ne sont pas établis, des études sont encore nécessaires pour lever des incertitudes. De plus la question de l’impact des radiofréquences sur la santé reste une préoccupation importante, notamment en raison de l’apparition régulière de produits faisant appel à des technologies sans fil dans notre quotidien.

En France, qui réalise les études scientifiques sur les radiofréquences et la santé ? Et qui les finance ?
En France c’est l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) qui traite des questions de radiofréquences et santé.
Deux types d’actions sont à distinguer :

  • la conduite d’expertise collective sur le thème "radiofréquences et santé" : L’Anses a réalisé des expertises collectives sur les effets sanitaires potentiels des radiofréquences à plusieurs reprises, et a notamment publié des avis et rapports en 2003 et 2005 sur la téléphonie mobile puis en 2009, 2013 et 2016 sur l’ensemble des applications utilisant des radiofréquences. Dans le cadre d’une expertise collective, un groupe d’experts rédige un rapport ou une évaluation et en adopte collectivement le texte. Les experts sont choisis à la suite d’un appel public à candidatures. Ils doivent remplir une déclaration publique d’intérêts afin de s’assurer de leur indépendance vis à vis du sujet traité.
  • la recherche sur les radiofréquences En matière de recherche, l’Agence pilote le programme national de recherche environnement-santé-travail (PNR EST). Depuis 2013, la thématique "radiofréquences et santé" fait l’objet d’un appel à projets spécifique, pour mieux prendre en compte les spécificités du domaine. Pour traiter cette thématique, l’agence dispose depuis 2011 de fonds spécifiques issus d’une taxe sur les émetteurs de radiofréquences, à hauteur de 2 M€/an. L’objectif du PNR EST est de rapprocher recherche et expertise mais aussi, dans le cas de la thématique "radiofréquences et santé", d’élargir la communauté de recherche. Ainsi, depuis 2011- 45 dossiers ont été retenus, impliquant 133 équipes de recherche dont 67 distinctes, pour un soutien de 9,1 M€. Les questions scientifiques traitées portent principalement sur la caractérisation des expositions, l’étude des effets, l’hypersensibilité. Ces projets produisent les premiers résultats qui ont été présentés lors de rencontres scientifiques en mai 2017.lien : https://www.anses.fr/fr/content/rencontres-scientifiques-de-lanses-restitution-du-programme-national-de-recherche-0


Quel type d’études ont été réalisées concernant les radiofréquences ?

Les principales études épidémiologiques réalisées ou en cours sont les suivantes :

  • L’étude "COSMOS" qui est une étude de cohorte internationale sur les possibles effets sanitaires à long terme de l’utilisation du téléphone mobile. Cette étude suivra pendant 20 à 30 ans l’état de santé de 250 000 personnes utilisatrices d’un téléphone mobile.
  • L’étude "MOBIKIDS" qui est une étude cas-témoin sur le risque de tumeurs cérébrales chez des enfants, liées à l’utilisation de téléphones mobiles.
  • L’étude INTERPHONE : L’étude Interphone est une étude épidémiologique internationale qui vise à déterminer si l’utilisation de téléphones mobiles accroît le risque de cancer et si les champs électromagnétiques de radiofréquences émis par les téléphones mobiles sont cancérogènes. Elle a été coordonnée par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) et a été initiée en 1999. Cette étude rassemble une série d’études cas-témoins réalisées avec un protocole central commun par 13 pays : Allemagne, Australie, Canada, Danemark, Finlande, France, Israël, Japon, Norvège, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni et Suède. Elle a concerné l’étude d’environ 2600 gliomes, 2300 méningiomes, 1100 neurinomes de l’acoustique, 400 tumeurs de la glande parotide ainsi que les témoins respectifs.

Ses résultats sont les suivants :

  • Il existe une légère réduction du risque des tumeurs étudiées chez les personnes ayant utilisé régulièrement le téléphone mobile pendant un an ou plus, par rapport aux non-utilisateurs ; il est probable que ceci soit dû à un biais dans l’étude ;
  • Il n’existe pas d’augmentation du risque de ces tumeurs dix ans ou plus après le début de l’utilisation du téléphone mobile ;
  • Il existe une augmentation du risque de gliome pour les utilisateurs les plus intensifs du téléphone mobile ; cependant, ce groupe est constitué d’un faible nombre d’utilisateurs et ce résultat doit ainsi être interprété avec prudence.

Ces données ont été collectées à une période où l’utilisation du téléphone portable était moins intense qu’aujourd’hui. Il convient donc de maintenir l’effort de recherche et d’expertise dans ce domaine au plan national et international.

Quelle est la plus récente expertise collective sur les radiofréquences en France ? Quelles en sont les conclusions ?
La plus récente expertise collective relative aux effets sanitaires des radiofréquences a été publiée en octobre 2013 par l’Anses et s’intitule : « Mise à jour de l’expertise radiofréquences et santé ». (format pdf - 7.8 Mo - 11/09/2017) .
Le travail de l’Anses ne met pas en évidence de risques sanitaires avérés concernant l’exposition aux radiofréquences mais souligne que certaines questions continuent à nécessiter une vigilance et un suivi, concernant notamment :
-  la survenue de gliomes et de neurinomes du nerf vestibulo-acoustique. Bien qu’aucun mécanisme d’action n’ait été identifié, l’Agence estime que les informations recueillies appellent une vigilance chez les utilisateurs intensifs de téléphones mobiles (cumul de plus de 1640 heures d’exposition) ;
-  les effets possibles sur le sommeil, les performances cognitives ou la fertilité.

On peut également citer l’avis de l’Anses publié en juillet 2016, relatif à l’exposition des enfants aux radiofréquences et ses effets potentiels sur leur santé : https://www.anses.fr/fr/content/exp...
Dans ce rapport l’agence souligne que les enfants peuvent être plus exposés que les adultes en raison de leurs spécificités morphologiques et anatomiques, et notamment de leur petite taille, ainsi que des caractéristiques de certains de leurs tissus. Des modélisations de l’exposition de la tête montrent que les enfants peuvent être plus exposés que les adultes au niveau des aires cérébrales les plus proches de la boîte crânienne.

L’agence recommande un usage modéré et encadré des technologies de communication sans-fil par les enfants.

Quelle est la position de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sur les radiofréquences et la santé ?
L’OMS publie depuis plusieurs années des aide-mémoire relatifs aux radiofréquences. Il est possible de les consulter dans le site internet de l’OMS.
L’OMS définit également un agenda de recherches en définissant les priorités pour les années à venir. Elle publie aussi des synthèses des connaissances disponibles sur les effets sur la santé de l’exposition aux champs électromagnétiques (Environmental Health Criteria). La prochaine mise à joru sur les radiofréquences devrait être publiée en 2018. Cette analyse s’appuiera en particulier sur les travaux du Circ.

Pourquoi les radiofréquences sont classées 2B par le CIRC?
L’étude INTERPHONE a mis en évidence qu’il existe quelques signes d’un risque accru de gliome pour les 10% d’usagers dont le nombre d’heures cumulées d’utilisation était le plus élevé, bien qu’aucune tendance systématique de risque accru n’ait été établie pour une plus longue durée d’utilisation. Les chercheurs ont cependant conclu que l’existence de biais et d’erreurs ne permettaient pas d’associer à ce lien une relation causale.
Se fondant en grande partie sur ces données, le CIRC a classé les champs électromagnétiques de radiofréquences dans la catégorie des cancérogènes possibles pour l’homme (Groupe 2B), catégorie utilisée lorsqu’on considère comme crédible un lien de cause à effet, mais sans qu’on puisse éliminer avec une certitude raisonnable le hasard, un biais ou des facteurs de confusion.
Lien. (format pdf - 256.5 ko - 11/09/2017)